La Biographie de Tonton Didou

Tout commença Tonton Didou avait six ans, il adore la musique militaire et les fêtes foraines. Son grand père était aveugle par accident et accordeur de piano par aventure.
Le premier millénaire est âgé de neuf cent soixante dix ans pile poil lorsque Tonton Didou demande une guitare à ses parents pour Noël… Erreur de colis, ou lapsus parental, il recevra en cadeau un petit piano et aussi, bien qu’un peu tôt pour son âge : l’esprit de contradiction.
Or, le toy Piano faisant un très joli son, il compose dessus son premier morceau avant ses 7 ans.
Puis 36 ans et quatre enfants ans plus tard il achètera son premier piano neuf.

Les années « plastique » en voient de toutes les couleurs et Tonton Didou écoute Mike Brant, Suzie Quatro, Beethoven, Mozart et ne va pas tarder à rencontrer les sports de combat et autres sources de chahut à bord d’objets qui glissent et roulent (vite si possible).
Chaque semaine il file au cours de piano situé au fond de la remise d’une classe de maternelle, à Chenevières sur Marne. C’est une petite pièce de cinq ou six mètres pas très carrés, décorée d’une immense fenêtre tout en hauteur avec un piano deux chaises et Lucien Lavoute, le seul professeur qui lui ait vraiment apporté quelque chose. En quelques années il découvrira grâce à lui Bach, Schubert, Gershwin, Debussy, les grands orchestres de jazz et surtout Chopin. Tonton Didou en oublie la guitare et s’immerge dans ses touches d’ivoire.
Un soir, un ami de son père, un grand blanc nommé Claude Ray, éclairera un bien grand chemin musical en lui présentant  de la main gauche, le blues, et de la droite le Boogie Woogie. Avec quelques accords et des gammes plus courtes, Tonton Didou découvre l’improvisation pendant des heures, en jouit tous les jours, et bien malgré eux les voisins du dessous aussi. Il écoute à donf Louis Armstrong, Van Halen,  Adriano Celentano et une reprise disco de la 5ième de Beethoven. Son frangin tape la trompette de temps en temps mais cette fois les voisins hallucinent, la famille Sallustro déménage ses habitudes vers les pavillons de banlieue à Ormesson sur Marne.

Ceinture noire en poche Tonton Didou part découvrir d’autres arts martiaux et fait des études secondaires au lycée Musical du conservatoire National de Région à St Maur des Fossés. Rien à redire,  c’était le bon choix. Il apprend un peu le saxophone, voit les orchestres en répétition, fait la première partie d’un concert de Juliette Greco place du Châtelet et découvre la musique de film grâce à Ennio Moricone, et tout ce qui passe au multisalle de Champigny. Il compose alors de la musique de fictions qui n’existent pas encore et veux être ingénieur du son.
Il rencontre la famille Arpino: Jeannot le père, batteur qui tourne en concert avec Yves Montand, Jacques Loussier et autres stars, et le fils Thierry, « Je l’entend encore s’éclater sur « Al Jarreau, je trouvais ça impressionnant » et pour cause il est aujourd'hui un remarquable artiste du grand cirque de la musique. Quelques années plus tard, il fera sonner ses drums dans l’album « Matou ». « Dans cette maison la musique et la vie étaient mélangées, un peu comme chez les forains et leur manège, il y a beaucoup d’amour de tout, et simplement ».

Après le bac d’eau chaude, nouveau changement de décor, Tonton Didou est reçu à « L’ Ecole Normale de Musique de Paris » et au CNAM en math et physique générale. C’est une période plutôt laborieuse, dont naîtront quelques pièces pour piano solo très nostalgiques et de bien nombreuses bidouilleries électro-acoustiques inspirées des travaux du Maître Pierre Schaeffer et exécutées sur tout type d’appareil du moment qu’il fait un son.
D’ailleurs, les cylindres rageurs de son 500 Suzuki d’occase le brinqueballent jusqu’en Angleterre. De ce nouveau sérail musical, une fugue rencontre avec une compositrice de musique de film animalier pour la BBC révèle un terrain de jeu idéal pour l’éclectique Tonton Didou : la musique de film.
Il découvre ainsi de près le monde du documentaire et s’immerge dans les bandes son de Gérard Vienne et François Bel, et pour le cinéma Jacques Tati,  Fritz Lang, David Lynch.
Puis une rencontre avec une accordeuse de piano (mais pas aveugle…) le fait voyager en Israël pour faire une tournée de chant avec un Chœur classique dans des sites particuliers sur le plan acoustique. C’est en rentrant de Tel Aviv qu’il décide de claquer la porte des écoles normales ou conservatrices et plaque le système éducatif. Basta. Le voilà libre lui et son piano…

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Les matous :