La Biographie de Tonton Didou (suite)

Il bosse moins, va de plus en plus au cinéma et parfois comme son grand père, écoute les scènes les yeux fermés, pour mieux voir ce qu’on entend.

Il entre pour trois ans dans une école de cinéma, et compose en même temps pour les premiers guides vidéo sur des pays de rêve.

Ensuite, il crée une des premières sociétés de production multimédia (i2M) censée faire en 1986 ce que l’on fait vraiment bien seulement depuis quelques années. Tonton Didou sauve parfois son âme de ce milieu perfide en réalisant et en produisant en parallèle ses premiers documentaires pour la télé. Sa boîte de production vivra 10 ans, au terme desquels il devient enfin un "interminable du spectacle" comme réalisateur, compositeur et sound designer. « Maintenant j’arrête de gérer, je vais digérer et c'est pas plus facile ».

Les années 90 finissent de dépenser le pognon des années 80 lorsque Capucine Production lui propose de partir en Afrique pour travailler sur le film « Le monde selon Tippi ».

Le tournage durera plusieurs semaines et sera source jaillissante d’évènements "électrochoquants" dont Tonton Didou mettra plusieurs années à en comprendre tous les effets secondaires.

« Le monde selon Tippi » reste encore une très belle réussite de télévision pour tout public, il est toujours programmé sur les chaînes. « Un film d’aventure familial, un documentaire onirique à l’opposé du docu-drama ! ».

A l’époque où il compose la musique du « monde selon Tippi » en partant d’un thème écrit étant môme, Tonton Didou fait plusieurs rencontres importantes. Certaines vont s’installer durablement dans sa vie musicale, notamment avec le guitariste et compositeur JP Kinzaki alors membre du groupe « Matchatcha » (musique africaine du Congo Zaïre), l’un des rares blancs respecté par les grands musiciens africains pour ses qualités rythmiques, et avec David Walter, Hautbois du Quintette Moraguès, mais aussi soliste, compositeur, chef d’orchestre et professeur au conservatoire de Paris et de Londres. « Les différences musicales entre ces deux artistes sont nombreuses, voire extrêmes, mais au bout du compte ils portent la même lumière sur mon chemin, ça m’aide à y voir plus clair, parfois c’est nécessaire »


Commence alors une succession d’expériences musicales très variées, dans un total foutoir de style et de genre, des compositions naissent sur des tas d’instruments, de l’électronique à l’acoustique, pour la télé, le spectacle et autres courts métrages. Dans la foulée Tonton Didou construit un studio de production chez lui car la technologie prend enfin un peu moins de place, et sa famille de plus en plus, c’est quand même l’essentiel.

Puis un jour le millénaire fête ses deux ans, et dans ces nombreux tourbillons « musicovisuels », Tonton Didou compose "par hasard" le titre Matou...


Alors là, par pure décision instinctive, il ne décide pas d’écrire un album sans contrainte, sans concession, et sans commande, puisque ça s’est construit tout seul. « Les titres sont venus très vite, comme ça. Du coup, je remplis systématiquement tous les trous du planning du studio y compris les nuits pendant quatre ans… je fais, je défais, je refais, j'm'en fous, tant que j'arrive à nourrir la famille ».

JP Kinzaki le rejoint progressivement sur l’album deux ans plus tard, pratiquement tous les titres sont là mais il y a beaucoup de travail. Ils cherchent tous les deux l’essentiel et le plus instinctif, toutes les décisions sont prises par la musique et c’est tout. « Le studio est idéal pour ça, car le temps n’a pas d’influence, dans le même morceau il y a des parties jouées à plusieurs années d’intervalle, parfois même sur la même piste, ce qui est continu c’est le feeling, du coup rien ne peut être définitif à moins d’être parfait sur ce plan ». Cette production devient alors une co-réalisation JP Kinzaki / Tonton Didou car plus le temps passe et plus les deux musiciens mélangent leurs talents et leurs univers...


L’album Matou dévoile alors un animal apatride, agnostique, éclectique, omnipotent, dansant et un peu déconnant quand même.

Alors n’hésitez plus, réveillez le Matou et franchement, tout ira bien je vous le promets.


Signé: Binggomm biographe autodidacte chez "label beat".

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Les matous :