L'étape de la puissance à l'état brutal m'ayant passé, je décide d'opter pour la puissance avec la précision et surtout le caractère moteur car les 4 cylindres nippons commence à tous se ressembler.
J'achète un Ducati 750 paso. Une machine magnifique qui dispose d'une puissance honorable dans une partie cycle irréprochable et sûre, habillée dans une livrée intégrale rouge vif.. Je passe ainsi du bûcheron au torero en habit de lumière. J'affine mes trajectoires au petit poil, j'optimise mes freinages au centimètre, je m'amuse à prendre le fameux coup pied au cul Ducati dans les sorties de virage qui le permettent ou juste pour doubler un poids lourd en 2 secondes. Cette machine est comme un squale, et pourtant ce n'est pas la plus affûtée des Ducati. Seulement voilà, le pneu arrière très large avec un profil de compétition adhère bien sur le sec, mais rend la puissance difficile à gérer sur le mouillé, l'embrayage à sec ne supporte pas bien la ville, le kit chaîne s'auto-détruit rapidement, l'alimentation électrique et électronique limite la moto à 45 km/H en cas de pluie forte ou de bruine intense (merci le retour de Rouen à paris en 5 heures !) et pour finir la moto n'à pas le temps de chauffer sur le petit trajet urbain.
Mais il me reste en mémoire ce son grave et entier du bi cylindre en V qui, à mesure que les tours minutes grimpent s'épaissit inexorablement pour libérer d'un coup franc tout le reste de l'harmonie qui n'attendait que le bon rapport pour s'exprimer. Un gros son aux bras ouverts comme un sumo pendant un combat.
Or comme je n'ai plus trop le temps de m'amuser sur les petites routes, je revends l'engin, non sans difficultés.
